Historique du Lycée Lapérouse

                                                     

Le Lycée Lapérouse est le plus ancien établissement d’enseignement secondaire de la Ville d’Albi et du département du Tarn.
Héritier de l’Ecole Mage créé au Moyen Age , le Collège Jésuite, voulu par l’évêque et les consuls est installé ici en 1623. C’est en 1867 que naît le Lycée Impérial. 
Une belle continuité sur le même site ! L‘entrée dans son cinquième siècle d’histoire pour un établissement d’éducation !
Un quadrilatère fermé de murs et une majestueuse façade (120 mètres) du XIX° siècle ; à l’intérieur : la chapelle du XVII° siècle, dont le clocher légèrement en bulbe fait partie du panorama de la ville, visible depuis la rive droite du Tarn.
Un cadre ancien dans le secteur protégé du centre urbain de la Ville et des rénovations avec les équipements les plus modernes.

Le Collège des Jésuites s’installe sur les terrains cédés par les consuls, intra-muros à la limite des remparts (les Lices). Il jouxte la paroisse St Affric et son cimetière.
On exhume des ossements humains, dés qu’on creuse dans la grande cour du Lycée actuel. Pour l’excavation du service de restauration en sous-sol, le matériel archéologique découvert a été important (gallo-romain et médiéval)
On construit la chapelle actuelle à partir de 1630. Sa belle façade a le style caractéristique des Jésuites, ici pas trop exubérant, avec ses deux frontons. Les armes de la ville et de l’évêque y figurent.
Instrument de la Contre-Réforme, le collège accueille les élites. Il s’agit d’en faire de bons catholiques mais l’enseignement des pères jésuites est moderne : devoirs écrits, exercices déclamatoires, représentations théâtrales en latin. En 1668, il y avait 348 élèves. Les marins Rochegude et Lapérouse, explorateur du Pacifique ( qui a donné son nom au Lycée, pour le centenaire de 1967), le médecin Portal y passèrent.

La Révolution redonne du lustre au collège, qui décline, après la suppression de l’ordre jésuite, en créant l’Ecole Centrale, inaugurée en 1796. L’enseignement y est scientifique, c’est celui des Lumières : mathématiques, sciences naturelles, physique et chimie, langues vivantes. Il y a une bibliothèque, embryon de la future Bibliothèque d’Albi et des laboratoires pour les expérimentations.
Albi manque sa chance, lors de la création des Lycées par Napoléon Bonaparte. Celui de Toulouse devient le Lycée régional.
Un collège communal fonctionne durant la première moitié du XIX° siècle. Son influence s’accroît. Il y avait 352 élèves en 1855. Le Second Empire crée le Lycée en 1862. L ‘inauguration par le ministre de Napoléon III Victor Duruy a lieu, en 1867, la même année que celle du Pont Neuf, qui donne accès directement au lycée.

 
 
Jean Jaurès, agrégé de philosophie y enseigne à ses premiers élèves durant deux années scolaires de 1881 à 1883. Son cours, empreint de questionnement religieux interpelle les jauréssiens. Il y prononce le discours de Distribution des Prix en 1883. Député du Tarn, leader du mouvement socialiste, il y revint en 1903, pour présider cette cérémonie. Son « Discours à la Jeunesse » est devenu célèbre. On en extrait la phrase « Le courage dans le désordre infini de la vie qui nous sollicite de toutes parts, c’est de choisir un métier et de bien le faire quel qu’il soit » Elle a toute sa place, sur le mur de la salle d’honneur.
 
 
Georges Pompidou y fait sa scolarité de 1919 à 1928. Il y obtint le premier prix de version grecque au Concours Général. C’est un élève brillant souvent frondeur. Il raconte son bac : « A l ‘écrit de philosophie, j’ai rédigé deux dissertations sur deux sujets différents : l’un pour moi, l’autre pour une jeune fille de ma classe. Nous eûmes l’un et l’autre une note convenable qui assura mon succès prévu et le sien , moins prévisible »

 
 
 
Dans les années 90 eurent lieu les grands changements grâce à la Région : l’aménagement de la chapelle avec trois niveaux (auditorium, C.D.I , salle de classe), la mise en place d’un service moderne de restauration (cuisines et salle de restaurant en libre-service), la création de nouvelles salles et laboratoires pour les prépas scientifiques qui se mettent en place alors que le collège quitte les murs.

Un établissement à taille humaine resté généraliste et qui malgré sa dominante scientifique garde des spécificités artistiques (option musique , histoire des arts) et linguistiques (classes européennes). Le Lycée a une âme, perceptible dés le franchissement de la grande porte qui ouvre sur la Cour d’honneur, que surplombe le clocher et où le monument aux morts témoigne de la continuité des générations d’élèves et professeurs.
 
Une belle histoire et un riche passé qui nourrissent un présent bien vivant et qui préparent un bel avenir.

 

Robert Fabre, Président de l'association des Anciens Elèves

 

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par admin laperouse le 09 sept. 2015 à 09:06

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