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Lectures de mars

Par ANTIGONE LONGELIN, publié le lundi 2 avril 2018 23:17 - Mis à jour le mercredi 2 mai 2018 13:59
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Les membres du club lecture, qui n'ont pas pu se réunir en février, se sont retrouvés en mars, pour leur plus grand plaisir. Voici un petit-compte rendu des lectures faites et partagées.

  

Jung Chang – Jon Halliday, Mao (par Clément Bernigole) : Une biographie à charge de Mao Zedong, dirigeant chinois de 1949 à 1976, qui a imposé à son pays une politique collectiviste et le parti unique, parti qui y règne encore jusqu’à aujourd’hui. Persécution des paysans, famines organisées, Longue Marche effectuée en chaise à porteur : cet ouvrage composé à quatre mains affiche l’intention claire de démythifier ce qui reste de l’image de Mao quarante ans après sa mort.

 

 

 

  Jean Giono, Un de Baumugnes (par Noé Raynaud) : Un de Baumugnes est le second volume de la Trilogie de Pan, constituée par ailleurs de Colline et de Regain. Dans ce drame familial dont l’enjeu est une jeune femme, Angèle, Giono dépeint l’univers qu’il connaît le mieux, celui des Alpes de Haute-Provence, dans l’arrière-pays provençal. Mais plus que l’histoire, c’est l’écriture de Giono qui séduit. Il sait comme personne faire une transposition littéraire de la Nature, dont il fait un personnage à part entière, un puissance quasi-divinisée. Un style habité par une poésie pleine de sève et d’humanité.

 

 

  Charles Duchaussois, Flash ou le Grand Voyage (par Lucie Carivenc) : dans son roman très largement inspiré par sa propre expérience, Charles Duchaussois évoque le voyage qui l’a mené de Marseille à Katmandu (au Népal), en passant par Istanbul, le Liban ou encore Bagdad. Aux côtés des hippies qui sillonnent les routes d’Orient dans les années 60 et 70, Charles Duchaussois expérimente des drogues, au péril de sa santé et même de sa vie. S’il fut un rescapé, il évoque dans son récit d’autres jeunes qui n’ont pas eu cette chance. Lui-même faillit mourir, l’organisme durement éprouvé par les diverses substances qu’il ingérait ou s’injectait. Mais à côté de scènes poignantes, l’auteur sait aussi faire partager à son lecteur de magnifiques tableaux de paysages au parfum d’ailleurs, dans un roman qui oscille entre rêve et réalité.

 

François Reynaert, Nos ancêtres les Gaulois et autres fadaises (par Elisa Lautrec) : dans cet ouvrage accessible et agréable à lire, mais également bien documenté, l’auteur revient sur tous les clichés historiques qui ont été véhiculés par l’école ou les divers pouvoirs, à des fins plus ou moins avouables. Ainsi, on découvre que selon le pays où l’on se place, un même événement peut prendre deux visages totalement apparents, sinon opposés. Ainsi Clovis est un roi à la fois français et allemand, et Saint Louis ne s’est pas contenté de rendre la justice sous un chêne. Une démarche salutaire à l’heure où l’instrumentalisation de l’Histoire prend des proportions périlleuses.

 

   Julie Otsuka, Certaines n’avaient jamais vu la mer (par Antigone Longelin) : Dans ce très beau roman, Julie Otsaka donne la parole à ces femmes japonaises mariées à distance à des compatriotes parfois peu scrupuleux, émigrés sur la côte Ouest des Etats-Unis, des hommes qu’elles ne connaissaient que par une photo et pour lesquels elles ont quitté leur pays et traversé l’Océan. Exil, tâches pénibles et ingrates, parfois prostitution, enfants qui se coupent fatalement de la mère-patrie, puis le racisme et l’enfermement après l’attaque de Pearl Harbour, la romancière retrace l’histoire souvent méconnue de la communauté japonaise américaine. Mais la grande originalité de son roman vient du choix d’une narration littéralement chorale : c’est un « nous » qui court d’un bout à l’autre de l’oeuvre et qui représente tous ces êtres partis en terre inconnue pour le meilleur, et souvent pour le pire. Avant que la voix de la communauté blanche ne prenne le relais à la fin du récit, et ne s’inquiète de l’effacement total de ces hommes, femmes et enfants soupçonnés d’intelligence avec l’ennemi. Un roman magistral.

 

  Eric-Emmanuel Schmitt, Le Poison d’Amour (par Camille Beaucourt : Quatre lycéennes, liées par une grande amitié, rêvent du grand amour. Chacune raconte son histoire dans son journal intime, jusqu’à ce qu’elles jouent Roméo et Juliette de Shakespeare et que le drame se noue. La fin est particulièrement inattendue et sombre. Un roman prenant mais qui aurait gagné à mieux dessiner, à mieux individualiser chacune de ses protagonistes.

 

 

 

 

  Albertine Sarrazin, L’Astragale (par Olivier Dinh) : L’astragale, c’est l’os de la cheville. Le genre d’os qu’on peut se casser si on saute de haut. Quand on fait le mur. Ou quand on s’évade de prison, par exemple. C’est ce qui est arrivé au personnage féminin de ce roman largement autobiographique paru en 1965. Au moyen d’une écriture sans fioritures, à la fois directe et sensible, on suit le parcours d’une jeune fille qui tombe dans la délinquance et la prostitution, mais qui rencontre aussi l’amour. Le grand Amour. L’auteure, quant à elle fut sauvée par l’écriture, avant de mourir à 30 ans en ne se réveillant jamais d’une anesthésie générale. 

 

 

Jonas Jonasson, L’Analphabète qui ne savait pas compter (par Sofia Cambie) : Une petite sud-africaine, analphabète, se révèle savoir excellemment compter. C’est le début pour elle d’une belle carrière internationale, loin du destin miséreux qui l’attendait dans son pays. C’est aussi le début d’aventures un peu loufoques, tournant autour de la bombe nucléaire (dont l’héroïne doit impérativement se débarrasser) Un roman déjanté, qui se déjoue du racisme et des préjugés au moyen de la fantaisie et de l’humour.

 

 

  

  Fiodor Dostoïevski, Les Démons (par Philippe Longelin) : Œuvre du grand romancier russe du 19e siècle, Les Démons confronte divers personnages qui veulent renverser l’ordre établi, dans une Russie qui vient tout juste d’abolir le servage et continue à vivre dans un régime impérial et autoritaire. Le récit permet de faire entendre les voix nihilistes et anarchistes, les deux grands courants révolutionnaires de l’époque, mais de manière nuancée et sans concession. Un roman majeur de la littérature russe et mondiale.